Vision partagée du développement de Toumodi à l’horizon 2015

A l’origine des actions de développement, on retrouve les premiers cadres de la région. Très tôt, ces pionniers ont pris des initiatives individuelles pour organiser et promouvoir le développement de leur village respectif ou de la ville de Toumodi.

Ce fut les grands devanciers Auguste Denise à Assounvouè, Camille Aliali à Zahakro, Kouassi Lenoir à Konan Kokorékro, Oka Niangoin avec les Ateliers de Kahankro, les frères Tiacoh à Toumodi, relayés plus tard par des cadres de la nouvelle génération : Désiré Boni à Kokumbo et à Toumodi, Hallany Michel avec l’hôtel Rombo à Toumodi, Abdoulaye Diallo à Djékanou, Aka Kouadio à Abli, Christophe Yao-Djè à Angoda, Maya Francis à Kplessou, Madame Anoh Vicoire à Ouaouakro, Konan Kouakou Raymond à Kpouebo, etc

Les populations concernées ont pu ainsi bénéficier d’une amélioration de leur conditions de vie. Mais à l’échelle du département, ces expériences sont restées isolées.

Dans le même temps ou par la suite, des mutuelles de développement ont vu le jour avec des fortunes diverses.

Par ailleurs, la conscience aiguë d’une communauté de destin, s’est manifestée par la création d’associations regroupant l’ensemble des cadres et de la population de Toumodi : ADERETOU1, ARDESTO².

En 1978, la ville de Toumodi érigée en commune, va englober dans sa circonscription, les villages situés dans un rayon de 7 km. Plus tard, Kokoumbo et Djékanou deviendront également des communes.

Plusieurs réalisations sont à mettre à l’actif de ces mairies sur leur territoire communal : construction de collèges, adduction d’eau potable, électrification, etc.

Cependant, leurs moyens sont limités et les zones qu’elles couvrent ne représentent qu’une faible portion du territoire du département.

L’avènement du département en tant que collectivité ayant une mission de développement et dotée de ressources, constitue un cadre institutionnel approprié pour la réflexion et la coordination des initiatives des différents acteurs : le Conseil Général, les communes, les structures déconcentrées, les opérateurs économiques, la population, etc.

C’est ce travail de réflexion qui est en cours avec l’élaboration du plan de développement du département (PDD).

Pour rendre opérationnelle la démarche suivie et bien fixer les idées, il faut mettre en évidence non seulement le PIB du département, mais le PIB par habitant (PIB/h), l’indicateur qui traduit de façon synthétique le niveau de vie de la population.

Ainsi, la vision partagée du développement du département à l’horizon 2015, répond aux trois interrogations sur le PIB/h qui forment la trame du PDD.


1) Où en sommes-nous dans le département de Toumodi 
?

Le PIB global s’élève à 12,6 Mds en 2002 et le PIB/h se situe à 120.000 F CFA, à comparer :
au seuil de pauvreté tel que défini par les institutions internationales soit 1$ par jour ou 180.000 F CFA par an au cours de 500 FCFA le dollar ;
au PIB/h au niveau national soit 420.000 F CFA en 2005 ;

On pourrait ainsi mesurer et suivre d’année en année les progrès accomplis et évaluer les performances et l’efficacité de notre politique de développement.

2) Où voulons-nous nous situer en 2015 ? 

Autrement dit, quel objectif de PIB/h nous nous fixons pour l’horizon 2015 ?

Ce revenu doit permettre de couvrir les besoins essentiels de la population de manière à sortir celle-ci résolument de la pauvreté.

Quelques repères sont à prendre en considération pour fixer cet objectif :
le seuil de pauvreté de 1$ par jour soit 180.000 FCFA par an à 500 F CFA le dollar ;
le PIB/h : au niveau national en 2015
le SMIG1 : 36.000 F CFA par mois soit 439.200 F CFA par an ;
le SMAG2 : 37.500 F CFA par mois soit 450.000 F CFA par an ;
le salaire des travailleurs agricoles saisonniers, 50 à 60.000 F CFA après 6 mois d’activité soit 10.000 CFA par mois qu’on peut extrapoler
à 120.000 F CFA par an ;.

En substance, par combien devons-nous multiplier le PIB/h pour sortir le département de la pauvreté en une décennie ?

Avec un accroissement de 50% de revenu actuel, soit 6Mds de production en plus, on progresse jusqu’au niveau du seuil de pauvreté, le PIB/h passant de 120.000 F CFA à 180.000 F CFA.

En doublant le revenu (100%) soit 240.000 FCFA, on se situe au-dessus du seuil de pauvreté mais encore en déça de la moyenne nationale de 420.000 F CFA qu’il faut rattraper et même dépasser pour rentrer dans une zone de prospérité.

3) Comment allons-nous parvenir à ce résultat ?

De trois manières.

a) Par la création de richesses
Ce sont des biens et des services destinés à satisfaire en quantité et en qualité, les besoins de la population.
On distingue à cet égard plusieurs types de biens :

les biens collectifs

Ils sont produits par les collectivités publiques : l’Etat, le département, les communes. Il s’agit de l’équipement du département en infrastructures de base : routes, écoles, logements de maîtres, centres de santé, hydraulique, électrification, identifiés dans des études sectorielles et inscrits dans les programmes triennaux.

Les sources de financement sont l’Etat directement ou par le truchement des structures déconcentrées, les subventions de l’Etat aux collectivités locales, les ressources propres des collectivités, les dons et aides d’origines diverses.

Les biens et services marchands (ou échangeables)

Ils sont produits par les agents économiques privés locaux, nationaux, étrangers dans les différents secteurs d’activités – primaire, secondaire, tertiaire – à partir de diverses sources de financement et avec l’appui des collectivités publiques sous plusieurs formes : identification des activités, aménagement des sites, renforcement des capacités, mise à disposition de parcelles, constitution de fonds de garantie, cofinancement, prises de participations, création de marchés de gros, aménagement de gares routières, etc.

Les biens d’équipement individuel

Il s’agit notamment d’encourager, de conseiller et d’appuyer la construction d’habitats décents dans les villages ainsi que des opérations immobilières avec des promoteurs privés.

b) Par des actions de sensibilisation et de marketing :

Le PDD étant un projet volontariste, sa mise en œuvre  requiert :
Une action en profondeur de sensibilisation, d’organisation, de formation et de mise au travail des opérateurs économiques et de la population active du département ;
Une action de marketing auprès des investisseurs nationaux et étrangers, des ambassades, des partenaires extérieurs.

c) Par la coordination des interventions des acteurs publics :

Il s’agit de l’Etat, les structures déconcentrées, les collectivités. D’où la nécessité d’organiser des réunions d’échange d’informations sur les programmes triennaux et les budgets d’investissements des principaux acteurs publics.


1-salaire minimum interprofessionnel garanti
2-salaire minimum agricole garanti


Envoyer à un ami
Imprimez l'article

 

 
Lire le CV du Président